Mercredi 14 mai 2008
Cela fait une semaine que je suis arrivee et j'ai l'impression que je suis ici depuis 3 ans. Je n'ai pas arrete une seconde depuis une semaine, j'ai couru a droit a gauche, entre l'opticien, la banque, les visites de maisons... Le soir, a 20h, je suis deja fatiguee.

Mais j'ai trouve une chambre :) J'en ai visite des maisons et toutes etaient degueulasses, voir insalubres et glauques. Et puis j'ai visite cette maison, toute renovee, pres du centre ville. Ma chambre est grande et toute neuve. Le seul point negatif c'est qu'elle est au sous-sol donc, pas de fenetre. Mais pour debuter, ca ira tres bien, et puis la maison est vraiment cool. Mes coloc sont en majorite japonais, tous sont sympas mais pas tres bavard. C'est un peu une maison fantome, sans vie, ou chacun vit vraiment de son cote sans essayer de creer des liens. On est loin de " Friends"... Ma mere s'est moquee de moi lorsque je lui ai decris ma chambre, elle dit que je vis dans un trou. Je lui dis que c'est normal, je suis en nouvelle zelande, Terre du milieu,  je vis donc dans un trou de hobbit ;) Je suis vraiment CONTENTE d'avoir quitte l'auberge de jeunesse car j'en pouvais plus de tous ces gens qui passent, ca me fatiguait.

J'ai aussi achete un ordi portable. Donc, maintenant, je suis installee, je peux commencer a chercher du travail. L'installation coute quand meme des sous et je pense a ceux qui immigrent sans un sous en poche, la difficulte n'est pas comparable. Tout est facile avec l'argent.

J'ai commence a chercher du travail aujourd'hui. Jai fait un tour sur le net mais cela me semble deja impossible. Je me laisse submerger par l'ampleur de la tache et tout d'un coup, cela me parait difficile a realiser. Je pense que je veux aller trop vite. Je suis a peine en train de realiser que je suis ici et je commence a peine a me sentir bien. Il faut laisser le temps au temps. S'installer dans un pays et y trouver du travail en 2 semaines, c'est impossible. Demain, le temps devrait etre tres beau, donc j'ai prevu de prendre le ferry et d'aller faire une rando sur un volcan eteint appele RANGITOTO, histoire de decompresser et de profiter un peu du pays.

Psychologiquement, cette experience est tres interressante car je sents que je passe par plusieurs phases. Parfois, je me sents vraiment seule au monde, loin de tout et completement perdue. Mais je ne peux pas me permettre de me laisser abattre, je suis seule ici, pas d'epaule pour me lamenter, il faut se redresser, positiver et foncer sinon ca ne marche pas.
Par Corinne F
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Vendredi 9 mai 2008

j`ecris ce nouvel article depuis le portable d`un ami japonais qui partage ma chambre a l`auberge de jeunesse a Auckland. Je suis arrivee il y a quelques jours et je me suis mise tout de suite a chercher une chambre. J`en ai visite quelques une, mais aucune ne me convient. Je suis encore en pleins decalage horaire, il me faudra encore une bonne semaine pour prendre le rythme. Des que j`aurai trouve une chambre, je commencerai a chercher du travail.

J`ai deja ouvert deux comptes en banque, un compte courant et un compte epargne dont les interets couvriront les charges du compte courant. Il ne me reste plus a attendre que ma banque en france effectue le virement international que j`ai demande.

Je suis dans une chambre que je partage avec 2 autres personnes, deux mecs tres sympas mais les personnes changent tres rapidement dans les auberges, ils ne sont que de passage, c`est pour cela que j`ai hate de me trouver un endroit fixe avec des personnes fixes, un peu de stabilite.

Le voyage de Paris a Auckland a ete difficile, je l`ai pas tres bien supporte car mon premier vol a eu du retard donc, arrivee a Singapour, j`ai du courir pour prendre l`autre vol. Enchainer 10h de vol tout de suite apres 12h de vol fut difficile. Je suis arrivee a auckland a 10h30 du soir, le temps de prendre une navette, d`arriver a l`auberge, j`etais dans mon lit a minuit.

Quitter la France, dire aurevoir a ma famille a ete plus difficile que prevu, j`etais triste. Je suis arrivee en Nouvelle Zelande le coeur lourd sans ressentir de joie particuliere. Ce fut un melande de sensations tres etranges et pour lesquelles je n`arrive pas encore a trouver les mots justes. Mais il faut garder la tete sur les epaules et ne pas trop penser a l`ampleur de la situation et ce qu`on est reellement en train de faire car sinon, je crois que je paniquerai GRAVE ;)

Je m`excuse pour les fautes d`ortographe mais ici, les clavier n`ont pas d`accent et je dois me rehabituer a l`emplacement des lettres.

Il y a quelques francais a l`auberge mais, pour dire la verite, je les evite...

To be continued...

Par Corinne F
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Vendredi 2 mai 2008
Jour J - 3. Valise toujours pas faite.

Tout est posé parterre dans ma chambre : vêtements, affaires de toilette, appareil photos, documents administratifs... Il va vraiment falloir que je décide à m'y mettre. Mais les évènements de cette semaine ont complètement bouleversé la donne et ont changé mon état d'esprit. De "je suis contente de retourner en NZ", je suis passée à "je suis triste de partir". J'essais de rester concentrée sur le départ et d'être pragmatique pour ne pas me laisser dépasser par la charge émotionnelle et surtout, ne pas laisser la peur et le doute s'installer car c'est ce qu'il y a de pire. Alors je pense à ce que je vais devoir faire dans l'immédiat, une fois sur place : acheter une carte SIM pour mon téléphone, ouvrir un compte, aller voir le bureau de l'immigration, demander mon numéro IRD ... J'ai le sentiment que ça ne va pas être facile pour moi et que je vais en baver mais je me suis fixée un challenge et j'irai jusqu'au bout.

La vie est quand même étrange. Après mon retour de voyage en mai 2007, je n'avais qu'une chose en tête, repartir. J'ai eu énormément de mal à me réadapter, je n'ai jamais retrouver le sommeil que j'avais avant de partir, la déprime de l'expatrié (syndrome réel). Et puis, j'ai dû me bouger, chercher un travail. Quelle désillusion cela a été. Il n'y a plus de place pour les diplômés, encore moins pour les jeunes, et encore moins dans ma branche.

Beaucoup d'employeurs étaient énormément méfiants du fait que j'avais voyagé. Ils ne comprenaient pas ma démarche. Beaucoup de fois j'ai dû me justifier et leur prouver que l'on retire du bon d'une telle expérience, en vain...

Mais bon, je n'a ni rancune ou amertume. J'ai la chance d'avoir choisi de m'expatrier et non d'y avoir été poussée.

Il me reste encore quelques bricoles à acheter et surtout un bon coupe-vent bien imperméable car l'hivers s'annonce trés pluvieux et trés humide.

Mon avion arrive à Auckland à 10h30 du soir. Le temps de récupérer ma valise, passer la douane, les contrôles sanitaires et l'immigration, je sortirai de l'aéroport vers minuit. J'ai envoyé un e-mail à une auberge de jeunesse (en dehors du centre ville) pour leur demander si je pouvais arriver à minuit, j'ai toujours pas eu de réponse. Je vais devoir appeler ce soir car les choses commencent à s'accélerer.

J'ai vraiment pas l'impression que dans 3 jours, je m'en vais aussi loin. Je pense que je réaliserai l'ampleur de la chose une fois dans l'avion, assise (prés de la fenêtre avec un peu de chance) à côté de gens que je ne connais pas.

Je n'ai pas envie d'arriver en NZ en terrain conquis. Je pense que l'humilité est la première des qualités à acquérir quant on souhaite immigrer dans un autre pays. Je n'ai pas envie d'être une française arrogante arrivant avec ses gros sabots.

Même si je connais un peu le pays pour l'avoir traversé de long en large pendant 6 mois, je ne m'attends pas à vivre la même chose. Je n'ai aucune attente car je sais que tout sera différent, les gens, les lieux, les contacts, les sensations. J'arriverai donc avec un esprit tout neuf, ayant envie de découvrir et d'apprendre.

Pour l'instant, mon esprit est encore ici, en France. Il y a encore pleins de choses à faire et à mettre en ordre. J'ai pas envie de partir en laissant un bazard derrière moi.

To be continued
Par Corinne F
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Lundi 28 avril 2008

Mon avion décollera de PARIS CDG le Lundi 5 mai à 12h25. J'ai dans mes mains un aller simple pour Auckland (Nouvelle Zélande) avec escale à Singapore.

Tout allait bien jusqu'à hier soir. Mon chien de 15ans est mort dans la nuit et ceux qui ont vécu la perte d'un animal avec lequel ils ont passé une grande partie de son enfance comprendront le chagrin et la souffrance que cela peut causer. Je n'ai même plus l'envie ni le courage de faire ma valise.

J'ai décidé de quitter la France car j'ai bien peur que mon avenir professionnel, et mon avenir tout court, s'annonce bien sombre ici. Bien qu'ayant BAC+6 en droit, je ne peut trouver un travail correspondant à ma formation et comme je suis une baroudeuse dans l'âme, j'ai décidé d'aller tenter ma chance ailleurs, dans l'hémisphère sud, sur une île minuscule où il y a plus de moutons que de personnes mais où les opportunités professionnelles existent pour ceux qui le veulent et où la vie et les gens sont plus chaleureux, encore un peu humain.

Malheureusement, une telle décision cause beaucoup de chagrin à votre entourage. Elle peut vous donner le sentiment d'être égoiste et de faire du mal aux êtres qui vous sont chers. Il faut rester calme, rassurer et gérer du mieux que l'on peut.

Après mes 6 années d'études, je suis partie avec mon sac à dos pendant 6 mois visiter la Nouvelle Zélande de long en large. Ce fut la première grande aventure de ma vie, j'ai appris plus sur moi même pendant ces 6 mois que durant les autres 25 années.

J'ai décidé de m'installer dans l'île du Nord, à Auckland. Dans ce blog, j'essaierai de raconter ce qu'on éprouve lorsqu'on émigre de son pays d'origine et qu'on imigre dans un pays totalement différent, situé dans un autre hémisphère et nécessitant presque 24h d'avion pour y aller.

Je mentirais si je disais que je n'ai pas peur, que je ne doute pas et que lorsque je prends conscience de ce que je suis sur le point de faire, je ne suis pas prise d'un sentiment de panique. Mais il est bon parfois de sortir de sa zone de comfort et de se confronter à l'inconnu en essayant de se faire confiance.

En Nouvelle Zélande, je partirai de ZERO. Je n'ai pas de connaissances, ni d'offre d'emploi ou de point de chute là-bas... Je pars avec un VISA Vacances Travail qui me permet de faire des petits boulots de courte durée sur une période d'un an. Il me faudra trouver un vrai emploi, faire une demande de VISA de travail, trouver un logement, m'intégrer, me faire des ami(e)s ...

Pour l'instant, il me faut déjà réserver un lit dans un dortoir dansune auberge de jeunesse à Auckland. Mais je n'ai plus la tête à ça, je pense trop à mon chien, IONA. Je verrai cela demain...

To be continued

Par Corinne F
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